Le sexe anal et le risque

Sexe anal et risque

Il existe aujourd’hui de nombreuse pratiques ou stratégies pouvant réduire le niveau de risque de transmission du VIH lors de relations anales. 

 

Comme tu le sais peut-être, ces stratégies ne protègent pas nécessairement contre les autres ITSS. Malgré le fait que plusieurs ITSS ne présentent pas de symptômes, il est possible de prendre certaines précautions. Par exemple, avant de t’amuser avec quelqu’un, regarde son anus ou sa queue et les alentours pour repérer des rougeurs, des ulcères, des plaies, des chancres, des verrues ou des fissures. Bien qu’il soit normal d’avoir des boutons ou des poils incarnés, n’hésite pas à poser des questions pour prendre des décisions en toute connaissance de cause.

Te faire enculer est une question de désir.  Plus l’excitation monte, plus ce désir se fait sentir.  Ton corps et ta tête le veulent.  L’excitation permet de te détendre et de détendre ton anus.  Pour ce faire, masser,  lécher, souffler, manger le cul permettent d’atteindre ce niveau d’excitation.  Tu peux aussi respirer profondément.  Être et avoir l’anus détendu diminuent les chances d’avoir mal et les risques de lésions.  Malgré tout, si ça fait mal, cesse de te faire pénétrer.  Il y a plein d’autres activités sexuelles que tu peux faire ou expérimenter. Il arrive que des gars prennent du lube qui « gèle » l’anus pour faciliter la pénétration. Cette pratique n’est pas recommandée parce qu’elle t’empêche de saisir les signaux de la douleur.  Si tu ressens de la douleur, c’est peut-être parce que tu n’as pas encore atteint un haut niveau d’excitation, que tu n’es pas assez détendu ou qu’il n’y a pas assez de lube. Côté lubrifiant, n’hésite pas à en mettre et à en remettre ! 

Lavement anal

Avant une pénétration anale, plusieurs personnes préfèrent se nettoyer le cul en utilisant une poire ou une douche anale.  À toi de voir avec ton partenaire si cette pratique vous convient.

Les lavements avec des produits chimiques sont à éviter, car ils irritent les parois de l’anus et du rectum, voire enlèvent carrément une couche de cellules protectrices, ce qui favoriserait la transmission du VIH.

Il est donc recommandé d’utiliser uniquement de l’eau tiède – pas chaude ni froide et d’éviter de mettre trop de pression si tu utilises une douche anale. Tu peux faire le lavement juste avant une relation sexuelle, ou tu peux le faire avant même de rencontrer ta date, ce qui te permet de prendre ton temps. Peu importe le moment que tu choisis, assure-toi de respecter le rythme de ton corps.

Le lavement après une relation sexuelle est déconseillé, car cela peut pousser les liquides plus loin dans le rectum, au lieu de les éliminer.

Rimming

L’anus étant une partie très sensible remplie de terminaisons nerveuses, plusieurs gars trippent lorsqu’ils lèchent ou se font lécher le cul. D’autres évitent plutôt cette pratique pour différentes raisons. Encore une fois, à toi de voir ce que t’aimes et avec qui. Si ta bouche est en contact avec le cul d’une autre personne, le risque de contracter le VIH est très faible, à condition qu’il n’y ait pas d’échange de sang (présent à cause de lésions ou d’irritation).

Toutefois, les autres ITSS peuvent être transmises lors du rimming. Il y a certains gestes simples que tu peux faire pour préserver ta santé. Tu peux d’abord regarder l’endroit que tu t’apprêtes à lécher pour t’assurer qu’il n’y a pas de petites coupures ou de plaies. Malgré ces observations, une peau saine n’est pas garante d’une absence d’ITSS, car souvent ces infections ne présentent aucun symptôme, mais ne sont pas moins transmissibles.

Aussi, assure-toi que ta bouche est en santé et qu’elle n’a pas de plaies ou d’ulcères non plus. Évite de te brosser les dents ou d’utiliser la soie dentaire une heure avant et après le rimming. Tu peux aussi utiliser une barrière en latex, soit un condom coupé en deux sur le sens de la longueur ou une digue dentaire (rectangle de latex pré-coupé). Si tu aimes un cul propre, n’hésite pas à demander à ton partenaire de se le laver avant que tu te plonges la face dedans !

Le rimming comporte un risque particulier pour la transmission de l’hépatite A. Si tu n’as pas déjà ton vaccin contre cette hépatite, informe-toi auprès de ton médecin.  De plus, le rimming comporte un risque de transmission de certaines bactéries et parasites intestinaux.  Si tel est le cas, il se peut que tu aies des symptômes qui se rapprochent de ceux d’une gastro-entérite.

 

Dipping

Le dipping réfère généralement à l’insertion partielle du pénis dans l’anus. Il peut aussi s’agir d’une insertion complète sans condom pendant quelques secondes le temps de devenir vraiment dur. Cette pratique, ainsi que le retrait avant l’éjaculation, comporte un risque de transmission du VIH, parce que le virus est présent dans le précum du top et dans l’anus du bottom. Toutefois, le risque peut être réduit considérablement si tu utilises une ou plusieurs méthodes de prévention, telle la PrEP ou la considération de la charge virale par exemple.

Top / bottom

Top : partenaire actif, celui qui pénètre, qui encule
Bottom : partenaire passif, celui qui se fait pénétrer, enculer

Être top, bottom ou versatile est une question de goût. C’est aussi souvent perçu comme une stratégie de prévention du VIH que l’on nomme séropositionnement. Lors de la pénétration, le bottom a plus de risques d’être infecté par le VIH que le top. Par contre, le risque pour le top demeure présent. Ce qu’il faut savoir, c’est que le VIH se retrouve dans la muqueuse anale et peut donc être transmis au top, notamment par la partie interne du prépuce et l’intérieur de l’urètre, qui sont plus susceptibles de laisser passer le virus. Pour le bottom, même si le top n’éjacule pas dans son cul, il s’expose au VIH car le virus est présent dans le liquide prééjaculatoire (précum).

Bref, top ou bottom, la meilleure façon de réduire les risques de transmission est de combiner des   stratégies telles que la PrEP, le dépistage ou la sécurité négociée.  Consulte la section Kit de baise pour en connaître davantage.

Fisting et fingering

Le fingering consiste à rentrer tes doigts dans le cul, le vagin ou le trou frontal de la personne avec qui t’es, alors que le fisting consiste à rentrer ton poing au complet. Sache que ces deux pratiques présentent un risque négligeable de transmission du VIH en l’absence de coupures ou de plaies sur les mains ou l’anus. Toutefois, si elles sont mal pratiquées, il peut résulter des dommages aux tissus anaux et vaginaux.

Certaines précautions aident à les rendre encore plus sécuritaires. D’abord, la communication est de mise afin de t’assurer de respecter le rythme de la personne qui reçoit tes doigts ou ta main. Assure-toi que tes ongles soient coupés pour éviter de la blesser. Aussi, le port du gant est recommandé.  Si tu as du sexe à plusieurs, la même règle s’applique à tout coup : « Tu changes de trou, tu changes de gant ». Changer de gant te permet d’éviter la transmission d’infections entre tes partenaires.

Côté lubrifiant, n’hésite pas à en mettre et en remettre, surtout pour le fisting ! La graisse est souvent utilisée par les adeptes de fisting parce qu’elle dure plus longtemps. Sinon, un lubrifiant à base d’huile est aussi recommandé. Les gants en latex ne sont pas compatibles avec ces deux types de lubrifiants, donc opte pour des gants en polyuréthane. Sinon, gants en latex ainsi que lubrifiant à base d’eau font bon ménage.

Une autre règle d’or serait : « tu changes de trou, tu changes de pot de lube ». Prendre du lube dans un pot commun pour différents partenaires présente des risques de contamination croisée. Si tu prévois un trip en gang, demande à chacun d’apporter son pot ou prépare autant de pots qu’il y a de personnes.

 

Sérosélection

La sérosélection consiste à choisir son partenaire sexuel en fonction de son statut VIH. Certains mecs rejettent les personnes vivant avec le VIH en pensant se protéger contre une infection, ce qui n’est pas nécessairement le cas. Dans le contexte où 1 homme gai séropositif sur 5 ne sait pas qu’il vit avec le VIH, baiser qu’avec des mecs qui pensent être séronégatifs ne te protège pas du virus. En fait, la sérosélection s’avère risquée et son efficacité peut varier en raison d’une mauvaise connaissance du statut sérologique de son partenaire ou de son propre statut. C’est pour cette raison que certains mecs séronégatifs décident de prendre la PrEP ou de ne baiser qu’avec des mecs séropositifs ayant une charge virale indétectable. À toi de voir ce qui te convient. Combiner des méthodes augmente ta protection !

Plusieurs mecs séropositifs décident aussi de choisir leurs partenaires en fonction de leur statut sérologique. Être séropositif et ne baiser qu’avec des séropositifs est une pratique sûre, sauf en ce qui a trait aux ITSS!

Considération de la charge virale

La charge virale est une mesure permettant de quantifier la quantité de virus actif dans le sang.  Lorsque le niveau de virus est tellement faible qu’il n’est plus possible de le détecter avec les tests traditionnels, on qualifie cette mesure d’indétectable.  Pour que la charge virale soit indétectable, la personne vivant avec le VIH doit prendre un traitement anti-VIH efficace et être suivie régulièrement par un médecin.

Si tu encules ou si tu te fais enculer par un partenaire qui a une charge virale indétectable, le risque de transmission du VIH est grandement réduit autant pour le top que le bottom, surtout en l’absence d’autres ITS.  Si tu combines charge virale indétectable et une méthode de prévention telle que la PrEP, le risque devient quasi nul.

Pour en savoir davantage, consulte la section La charge virale.

Être circoncis

Peut-être as-tu entendu dire qu’être circoncis protège contre le VIH. Malgré des études ayant démontré une certaine efficacité de cette méthode dans les pays où le VIH est très présent, au Canada, la circoncision n’est pas une méthode de prévention recommandée. Se faire circoncire est un choix personnel que tu dois prendre pour des raisons autres que la protection contre le VIH.

 

 

Un élément fort important à considérer si tu vis avec le VIH.

L’information présentée dans cette section  ne te protège pas du risque de poursuite au criminel si tu n’as pas dit à ton ou tes partenaires que tu vis avec le VIH.  Actuellement, pour te protéger d’une poursuite au criminel, il faut que tu aies une charge virale faible (sous 1 500 copies / ml de sang) et que tu portes le condom si tu ne dévoiles pas ton statut.  Pour plus d’information, consulte la section Criminalisation de l’exposition au VIH sur le site web de la COCQ-SIDA.