Vaccination

info vaccin hommes gais

Actuellement, il existe des vaccins contre les hépatites A et B, causes de maladies du foie, et contre les virus du papillome humain (VPH), les virus qui cause les verrues génitales ou anales et qui peut être à l’origine de certains cancers.  

 

Se faire vacciner est une décision personnelle qui doit être discutée avec son médecin.

Hépatites A et B

Les hépatites A et B peuvent se contracter si tu baises ou lèches le cul d’une personne infectée. Quant au VPH, il peut se transmettre par de simples contacts de peau à peau ou  lors de la pénétration ou d’une pipe, même en l’absence de verrues.

Depuis 2008, tous les enfants en 4e année du primaire reçoivent le vaccin combiné contre les hépatites A et B. Ce vaccin est reconnu pour être efficace à vie. Si tu n’as pas été vacciné ou que tu ne sais pas si tu l’as été, parles-en à ton médecin. Il peut vérifier, à l’aide d’un échantillon de sang, si tu l’as été et si ce dernier est toujours efficace.

L’efficacité du vaccin contre les hépatites A et B peut varier si tu vis avec le VIH.  Il se peut donc que tu doives le renouveler.  Pour savoir si c’est ton cas, parles-en avec ton médecin.

Virus du papillome humain

Depuis le 1er janvier 2016, les hommes gais, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les bisexuels et les hommes trans âgés de 26 ans ou moins peuvent se faire vacciner gratuitement contre les virus du papillome humain (VPH).

Voici de l’information, rédigée par le Portail VIH/sida du Québec, qui t’aidera dans ton choix.

Que sont les VPH ?

  • Les VPH sont des virus très courants qui se transmettent lors de pratiques sexuelles génitales, anales, buccales ou digitales par contact direct ou intermédiaire sans qu’il y ait obligatoirement pénétration.
  • Il existe plus de 200 souches (génotypes) différentes du virus dont une cinquantaine entraîne des infections anogénitales que l’on peut classer en 2 grandes catégories selon leur risque cancérigène :
    • Les types à « faible risque» qui peuvent entraîner des condylomes plus ou moins gênants (verrues génitales et anales externes bénignes). Les plus courants sont les types 6 et 11.
    • Les types à « fort risque» qui peuvent entraîner des lésions précancéreuses et cancéreuses. Les types 16 et 18 sont les plus souvent cités.

Pourquoi la population HARSAH est-elle particulièrement concernée par les VPH ?

  • De manière générale, les hommes développent moins d’anticorps que les femmes après avoir été infectés par une souche du VPH et risquent de contracter à nouveau le même type de VPH.
  • À la différence des hommes qui ont des relations sexuelles avec les femmes, les HARSAH ne bénéficient habituellement pas de la protection indirecte offerte par la vaccination des filles.
  • Les relations sexuelles entre hommes augmentent de beaucoup le risque de développer un cancer de l’anus et la fréquence des condylomes est de 2 à 3 fois plus élevée que dans un groupe d’hommes hétérosexuels du même âge.
  • La population HARSAH est surreprésentée dans les chiffres du VIH au Québec. Or, la co-infection par les virus VIH et VPH augmente la prévalence des cancers.

Existe-t-il des traitements efficaces pour soigner les différentes souches de VPH chez les hommes ?

  • Aucun traitement ne permet de garantir que l’organisme est débarrassé de l’infection par les VPH.
  • Dans la majorité des cas, les symptômes disparaissent d’eux-mêmes, mais ils peuvent aussi être traités (azote liquide, nitrate d’argent, laser).
  • Les infections par les VPH de type 16 et 18 (à haut risque cancérigène) peuvent durer plusieurs mois ou plusieurs années et entraîner des lésions précancéreuses ou cancéreuses pour lesquels il existe aussi des traitements.
  • Pour le moment, il n’existe pas de test fiable et largement accessible pour dépister les VPH ou détecter les lésions précancéreuses chez les hommes.

 

Quel est l’objectif de ce nouveau programme de vaccination gratuite à destination des HARSAH ?

  • L’objectif est de prévenir et réduire l’incidence, la morbidité et la mortalité des cancers de l’anus, du pénis et de la gorge, des lésions précancéreuses et des autres maladies associées aux VPH dans la population HARSAH, comme c’est déjà le cas pour les femmes.
  • Le vaccin homologué au Québec protège contre les 4 types de VPH les plus courants : 6, 11, 16 et 18.

 

Pourquoi cette décision arrive en 2016 ? Par quoi a-t-elle été motivée ?

  • Les études sur le fardeau du VPH chez les hommes sont moins nombreuses, mais la publication de données récentes démontrant l’efficacité et la sécurité du vaccin dans cette population a entraîné son homologation.
  • Cette décision a aussi été appuyée par des études récentes sur les conséquences significatives des infections par les VPH chez les HARSAH (indiquées précédemment).

Les personnes ayant déjà été en contact avec les VPH sont-elles éligibles ?

  • L’efficacité du vaccin contre les VPH est maximale lorsqu’il est administré avant que l’homme ne soit exposé au virus, autrement dit avant qu’il débute sa vie sexuelle. Ce n’est néanmoins pas une obligation.
  • Le vaccin ne protégera pas un homme contre les types de VPH avec lesquels il a déjà été en contact, mais contre ceux auxquels il n’a pas encore été exposé.
  • Il est rare qu’une personne ait été infectée par les quatre souches de VPH contenues dans le vaccin (6, 11, 16 et 18).

Pourquoi le vaccin est-il gratuit pour les hommes entre 9 et 26 ans ? Qu’en est-il des HARSAH de plus de 26 ans qui souhaiteraient se faire vacciner, notamment les PVVIH ?

  • Le pic de risque pour les infections au VPH se situe en général dans les cinq à dix premières années qui suivent la première expérience sexuelle. Le vaccin ayant une efficacité de plusieurs années, il est donc préconisé avant ou au début de la vie sexuelle pour couvrir la période dite active.
  • Le vaccin contre les VPH est uniquement homologué pour la vaccination des hommes âgés de 9 à 26 ans, car il n’existe aucune donnée significative chez les hommes plus âgés.
  • Les HARSAH de plus de 26 ans et notamment les PVVIH peuvent néanmoins se faire vacciner moyennant des coûts.
  • Des études exploratoires sur des HARSAH séronégatifs et séropositifs au VIH de plus de 26 ans semblent démontrer l’efficacité du vaccin pour cette tranche d’âge aussi.

 

Quelles démarches entreprendre pour se faire vacciner gratuitement en tant que HARSAH de moins de 26 ans ?

  • La vaccination doit être offerte à tous les hommes âgés de 26 ans ou moins qui mentionnent avoir ou qui prévoient d’avoir des relations sexuelles avec des hommes.
  • Il n’est pas nécessaire pour l’homme qui demande à se faire vacciner de prouver qu’il a effectivement des relations sexuelles avec d’autres hommes.
  • Les hommes éligibles peuvent se faire vacciner gratuitement au centre local de services communautaires (CLSC), dans les cliniques jeunesse et dans certaines cliniques médicales.

Le Gardasil (vaccin quadrivalent utilisé au Canada) protège contre 2 souches à risque élevé alors qu’au total ce sont près de 25 souches qui sont considérées comme oncogènes, quelle est son efficacité réelle ?

  • La majorité des lésions précancéreuses et cancéreuses de l’anus sont causées par les souches 16 et 18 présentes dans le vaccin.
  • Le vaccin est efficace à 90% pour prévenir les condylomes.
  • Il est efficace à 79% pour réduire les lésions anogénitales associées aux VPH inclus dans le vaccin. L’efficacité à prévenir spécifiquement les lésions précancéreuses et cancéreuses anales est du même ordre.
  • Cette efficacité est moindre chez les hommes déjà infectés au moment de la vaccination.
  • Des données récentes indiquent que le vaccin pourrait même être efficace pour prévenir la réapparition de lésions au niveau de l’anus chez les hommes déjà infectés par un des VPH inclus dans le vaccin.

Le Gardasil soulève des polémiques dans le monde et au Québec sur sa sécurité au regard de plusieurs cas rapportés d’effets secondaires graves : décès, maladies neurologiques, paralysies. Où en sont les discussions à ce sujet ?

  • L’Organisation mondiale de la santé, sur la base de plusieurs études réalisées dans différents pays sur la sécurité du vaccin continue d’être rassurée sur sa sécurité et recommande la vaccination contre les VPH, tout comme l’ensemble des autorités de santé publique (américaines, européennes, canadiennes).
  • La majorité des réactions qu’il peut entraîner sont sans gravité et de courte durée (douleur à l’endroit de la piqûre, rougeurs, démangeaisons).
  • Des réactions plus rares ont été signalées, mais aucun lien avec le vaccin n’a été établi. Jusqu’à maintenant, aucune étude n’a permis d’établir de lien entre le vaccin contre les VPH et des maladies graves citées dans la question.

 


À lire aussi :

Vaccination pour les hommes âgés de 26 ans ou moins qui ont des relations sexuelles avec des hommes. Brochure (MSSS, PDF, janvier 2016)

Vaccination contre les VPH – Nouveautés et mise à jour des connaissances (MSSS, PDF, Décembre 2015)

Une énorme étude nord-américaine renforce les arguments en faveur du dépistage du VPH (CATIE, 2012)

Virus du Papillome Humain (MSSS, 2015)

Information tirée le 17 mars 2016 du site : http://pvsq.org/2016/02/harsah-ce-quil-vous-faut-savoir-sur-la-vaccination-vph-pour-un-consentement-eclaire/